
Mon parcours sur le chemin de halage vire au gymkhana. Au départ, j'ai essayé de contourner les flaques d'eau et comme ce n'était plus possible, de lever les pieds quand je les traversais et comme ce n'était plus possible non plus, je me suis résolu à pédaler dedans. Une moyenne de 15Km/h en pédalo, ce n'est somme toutes pas si mal. Je passe par toutes les nuances de crachins. Je suis sûr qu'il y a une bonne cinquantaine de mots pour désigner "crachin" dans la langue bretonne, les esquimaux en ont bien 100 pour désigner "neige".
En tous cas, mon poncho et mes sur-chaussures sont étanches. Mon départ pour le périple est pour mercredi. Je suis bien équipé. Ah non! A Betton, je dois bifurquer, hésite, reviens sur mes pas, essaie une route, reviens encore en arrière et trouve mon chemin. Je comptais sur la fonction GPS de mon smartphone tout neuf pour ce genre de cas mais mon abonnement 3G ne commence que le 7 février.
Ca fait une semaine que je pédale à la campagne et tout à coup je me retrouve en ville, pire, en banlieue avec des routes non numérotées, des rues qui ne vont nulle part, des autoroutes, des rondpoints. Je me fie à la carte google que j'ai imprimé sur du papier buvard et qui commence à ressembler à une éponge et arrive sur la lune : au bout d'un chemin creux, une zone industrielle entièrement asphaltée, avec un Décathlon, un bricoquelquechose, des marchands de pizzas en plastique, des bagnoles, l'horreur. En plus, la nuit tombe. J'allume mes deux phares arrière, mets ma frontale et suis les petits panneaux "Rennes à bicyclette", jusqu'à ce que je décide ne plus les suivre. Bonne idée, je suis bien à destination, chez ma soeur, du moins là où elle habitait il y a 20 ans. "Il suffirait de presque rien, peut-être dix années de moins..." chantait Reggiani. Je continue sur ma machine à voyager dans le temps et retrouve mon chemin. 40 Km au lieu de 31. C'est l'époque des soldes, j'ai eu une promo de 30%. Bonne affaire.
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