vendredi 14 février 2014

Étape 15 St Symphorien Bazas


Grasse matinée ce matin. J’ai coupé ma longue étape en 2. D’une part parce que je ne me sens pas 75km de pins aujourd'hui. D’autre part c'est la Saint Valentin. Ma Valentine est loin mais elle me rejoint demain. C'est justement le jour où j'avais prévu un gîte collectif. En coupant mon étape en deux elle pourra me retrouver dans un joli gîte douillet. Je commence par le resto j'ai tout de même déjà fait 7 km aujourd'hui! Chouette, la radio diffuse Nostalgie. En sortant, 3 commerçants du village s'embrouillent. Je ne comprends pas tous les tenants et aboutissants mais c'est très grave. Une histoire de stationnement devant les magasins. Tout juste s'ils n'en viennent pas aux mains. Il y a peut-être 5 commerçants dans la ville mais 3 sont fâchés à mort. Qu'on leur donne à chacun une bicyclette et qu'ils aillent à Compostelle ça leur fera du bien.
Je pars méditer dans l'église toute proche. Mon périple est presque fini. Pendant mon voyage j'ai appris à accepter la vie comme elle vient, j'ai aimé la solitude, le silence, j'ai pris un certain détachement sur les petites choses de la vie, j'ai aimé l'effort, j'ai aimé la beauté du monde, la pluie sur mon visage, le vent et le soleil, la force de la nature avec ou contre moi. J'ai compris ce qui était important pour moi et qui était important pour moi. Je n'ai pas encore pris de décision professionnelle. ça viendra plus tard.
Je repars sans vent, sans pluie mais avec une lumière grise sur ma voie ferrée. À certains endroits on peut apercevoir encore les rails. L'exploitation de la voie ferrée n'a été abandonnée qu'en 1978.


À part les chenilles processionnaires qui avancent en ligne droite et non plus en cercle, rien n'a changé depuis hier. 


Les pins sont là. Les pins pas futés (pin sots), les pins relatifs (pins Stein) les pins rectangles (pins Thagores) , les pins constants (pins 3,14)... J'en passe, et des pires. Les stigmates des tempêtes de 1999 et 2009 sont encore là. 


Sous une fine couche de sable se trouve du sable compacté, difficile à traverser pour l'eau et les racines : l'alios. Les racines des arbres restent superficielles. Dans les grands coups de vent les arbres tombent. Je m'instruis sur la culture du pin. D'abord on draine le terrain. Ensuite on plante de jeunes sujets. Au bout de 10 ans on coupe un arbre sur deux qui partent à la trituration pour la pâte à papier. Au bout de 25 ans on coupe encore les arbres les moins beaux pour faire de la place aux autres. Le produit de la coupe part à la scierie ou à la pâte à papier. Enfin on coupe les plus beaux arbres à 50 ans. C'est le bois noble, ce qui fait la rentabilité de l'exploitation. Enfin on arrache les souches et on recommence. J'ai 50 ans mais heureusement je ne suis pas résineux. J'ai un double patronyme de feuillus : olivier du chêne (du cassé) et de nobles intentions mais mon heure n'est pas venue. Je crois que j'ai enfin fini de traverser la forêt de pins. Maintenant, je roule dans une forêt de chênes. il y a même un amandier en fleur. C’est le printemps.


Le gîte où j'arrive est gigantesque. J’ai une salle à manger prévue pour 10 personnes pour moi tout seul et une jolie cheminée. 



Je pars faire les courses. Je ne me sens pas le resto tout seul un soir de St Valentin. Heureusement que demain sera demain. Visite de la ville. C'est un petit village avec une immense cathédrale. Dieu sinon rien. Les rues de la ville ont des pavés avec des coquilles Saint Jacques.



Pas moins de 38 Km aujourd'hui. Je me la joue tranquille. 


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