J'ai eu du mal à
dormir cette nuit. Est-ce les deux bières que j'ai mis sur mes moules au
restaurant hier soir qui me font des reproches? Est-ce parce que mon
Appart'City est très mal isolé et que j'entends mes voisins (fort discrets au
demeurant) ou bien parce que je suis au bord de la voie ferrée et que j'entends
les trains freiner qui entrant dans la gare de La Rochelle? Je crois surtout
que c'est la vacuité de ma journée de demain qui me fait gamberger. Je suis à
peu près à la moitié de mon voyage. Ai-je trouvé ce que je suis venu chercher ici?
Je me suis prouvé que je pouvais survivre un mois sans ma chérie, prendre
plaisir à faire du sport 5 heures par jour, voir que j'existais en dehors du
travail, être bien en ma propre compagnie, renoncer à certaines choses qui me
semblaient inconcevables auparavant comme ne pas me raser, laver ma chemise un
soir sur trois, ne pas me laver (non ça je n'y suis pas arrivé), manger de
l'ail, boire du Nescafé et manger lyophilisé, me coucher tôt, me lever tôt,
avoir si peu de vêtements qu'ils tiennent sur un vélo. Quant à ce que je
"fera quand je sera grand", ça ce n'est pas encore décidé.
Je n'ai plus de télé, comme je ne m'en servais plus depuis longtemps, je l'ai échangée contre un appareil photo. Je suis revenu à la civilisation et j'allume le récepteur de ma chambre d'hôtel. Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Sotchi. Pendant que le présentateur parle du nouveau tsar de toutes les Russies, des jeunes gens et des jeunes filles enthousiastes défilent dans un stade. Ils ont été reconnus dans leur pays comme les meilleurs de leur spécialité. Ils se foutent que leur passion serve les intérêts politiques des organisations territoriales qui les financent. Ils savent que c'est parce que le pouvoir de leur président dépend de leur performance qu'ils sont payés à faire du ski, de la luge ou du patin. Pourquoi devraient-ils s'insurger? C'est ainsi depuis les temps antiques, les premiers athlètes démontraient la puissance de leur cité, les gladiateurs modernes affiche la richesse de leurs gouvernants. Plus le pays est riche, plus il peut aligner d'athlètes aux Jeux olympiques. Mais n'en est-il pas ainsi dans tous les domaines d'activités? Plus la collectivité est riche, plus elle construit de ponts, de stades et de musées et plus belle est sa salle informatique. Mieux implantée est une entreprise privée, plus son image sera forte à la Bourse et plus elle sera attractive auprès des actionnaires. Peu importent les athlètes, peu importent les hommes, seule compte la cause. Peu importe la cause, du moment que le pouvoir et l'argent sont au rendez-vous. Si la tranquilocyclette était une discipline olympique et que je sois sélectionné, jusqu' où irai-je? Jusqu’à Sotchi? Certainement. Los Angeles? Aussi. Rome, Jérusalem, Kaboul ou Téhéran chez les fous de dieu ? Pas sûr, j'ai des limites.
Je n'ai plus de télé, comme je ne m'en servais plus depuis longtemps, je l'ai échangée contre un appareil photo. Je suis revenu à la civilisation et j'allume le récepteur de ma chambre d'hôtel. Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Sotchi. Pendant que le présentateur parle du nouveau tsar de toutes les Russies, des jeunes gens et des jeunes filles enthousiastes défilent dans un stade. Ils ont été reconnus dans leur pays comme les meilleurs de leur spécialité. Ils se foutent que leur passion serve les intérêts politiques des organisations territoriales qui les financent. Ils savent que c'est parce que le pouvoir de leur président dépend de leur performance qu'ils sont payés à faire du ski, de la luge ou du patin. Pourquoi devraient-ils s'insurger? C'est ainsi depuis les temps antiques, les premiers athlètes démontraient la puissance de leur cité, les gladiateurs modernes affiche la richesse de leurs gouvernants. Plus le pays est riche, plus il peut aligner d'athlètes aux Jeux olympiques. Mais n'en est-il pas ainsi dans tous les domaines d'activités? Plus la collectivité est riche, plus elle construit de ponts, de stades et de musées et plus belle est sa salle informatique. Mieux implantée est une entreprise privée, plus son image sera forte à la Bourse et plus elle sera attractive auprès des actionnaires. Peu importent les athlètes, peu importent les hommes, seule compte la cause. Peu importe la cause, du moment que le pouvoir et l'argent sont au rendez-vous. Si la tranquilocyclette était une discipline olympique et que je sois sélectionné, jusqu' où irai-je? Jusqu’à Sotchi? Certainement. Los Angeles? Aussi. Rome, Jérusalem, Kaboul ou Téhéran chez les fous de dieu ? Pas sûr, j'ai des limites.
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