vendredi 7 février 2014

Etape 9 St Michel en l'Herm La Rochelle



La tempête a fait rage toute la nuit. Au petit matin le silence me réveille. Je jette un œil dehors, le vent s'est calmé il fait beau. Je rentre dans le Marais Poitevin sous le soleil, un arc en ciel dans le lointain. Un couple de Héron cendré me semble de bonne taille. Ont-ils voulu se faire aussi gros que le bœuf? Nenni, ce sont des grues cendrées, c'est bientôt le printemps. J'ai le vent dans le dos il fait beau c'est le pied (de grue). A cette allure, je suis à La Rochelle dans 2h. Je musarde dans le Marais. Un panneau annonce fièrement que les hommes gagnent en moyenne un kilomètre et demi par siècle sur la mer. Un peu plus loin un autre panneau annonce que le contribuable a payé plusieurs millions d'euros pour réparer les dégâts de la tempête Xynthia sur la folie des hommes. Oh des mignons moutons. Pas si mignons : ils me tournent le dos quand je veux les photographier. Ils m'envoient même la pluie en solidarité envers ceux de l'autre jour que je voulais manger. 


Je passe en Charente Maritime. Super il y a un panneau. 


Par contre le vent est maintenant défavorable. J'ai le choix entre deux options, soit suivre la côte et prendre le vent, soit suivre un canal qui est, tous les cyclistes le disent sur Internet, impraticable par temps humide ou avec un vélo chargé. Je prends la côte. Les gens d'ici vivent de mytiliculture. Génial il est bientôt midi. "Patron des moules et des frites et une bière une fois". Ça c'est ce que je crois. Les producteurs de moules ont bien prévu des dégustations avec vue sur la mer mais ils sont en congés annuels. Tous. Grr.


Que faire? Manger lyophilisé à l'abri du vent? Il n'y a pas d'abri. Faire un détour par les villages à plusieurs kilomètres? Bof ! je choisis jeûne et randonnée. Ma bonne résolution dure au moins un quart d'heure. J'ai faim. heureusement j'avise un golf. Il y a toujours un restaurant dans un golf. Je fais peur à une petite dame qui a l'air de sortir tout droit du presbytère et à qui je demande le chemin pour le golf. Avec ma barbe mon casque et mon gilet fluorescent j'ai tout du satyre. Elle m'indique le chemin sans me regarder dans les yeux. Je gare mon vélocipède à côté des Audi et des Mercedes, essaie d'enlever un peu de boue sur mon pantalon de cycliste et tente d'entrer au restaurant du club house.





La serveuse louche un peu sur mon protège c** qui n'est pas du meilleur effet mais me laisse entrer. Ici on sert aussi les sportifs. Pas de moule du pays à la carte. "Quel rapport entre mon poisson et la mer que vous voyez par la fenêtre ? Mon saumon vient des meilleurs fumeries d'Écosse. On ne se moque pas du client ici." (tribute Goscini) . Je repars après avoir mangé un repas ma foi très bon. La côte est magnifique mais le vent a forci. Je passe par la ville de Pontons où un panneau commémore un match de basket mémorable où l'équipe locale a gagné de très peu sur les adversaires.


J'ai en vue le pont de l'île de Ré que je ne prendrai pas. Je sors des îles par les ponts mais j'y entre par la plage. J'ai des principes, moi.


Depuis que je suis en Charente Maritime je n'ai pas vu un seul panneau indiquant la route aux cyclistes. La Vélodyssée ? Connais pas ! Le CG 17 fournit à ceux qui le demandent une boussole, une couverture de survie et une fusée de détresse. Mes collègues ont fait le calcul. Ça coûte moins cher que d'entretenir un réseau de panneaux. Je suis mauvaise langue, voici un panneau "La Rochelle par la piste cyclable". Le fléchage me largue en pleine ZUP.


Je branche mon GPS. Il me fait soigneusement contourner les pistes cyclables mais ne mène à bon port. 61 km aujourd'hui sans moule mais avec le vent favorable sur un tiers du parcours et de très beaux paysages. Je me suis prévu un jour de repos pour visiter La Rochelle et surtout pour me reposer du vent

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