Le moral est au plus
bas ce matin. D'abord j'ai écouté France Info hier soir et on me promet vent
tempête pluie et catastrophe. Vous voulez redonner le moral au français? Coupez
leur France Info! Ensuite ce village de vacances me donne le cafard.
L'appartement que je loue très bon marché est grand, propre et bien chauffé. il
ira très bien pour une nuit. Par contre il y a visiblement des gens qui
habitent ici à l'année. Comment peut-on se punir à ce point ? En hiver, c'est
au milieu de rien, en été, j'y suis déjà passé, c'est pire. Il y a plusieurs
campings gigantesques dans les environs et la plage est loin. La route et la
piste cyclable sont remplies de familles dont les parents crient sur des gosses
qui pleurent. "Tiens ta droite" "attention à la voiture"
"je veux pas y aller, c'est trop loin" "ouin'. La municipalité a
prévu un petit train. C’est encore pire. il est bondé c'est comme le métro aux
heures de pointe. Dire que ces gens sont venus se reposer ici. J'attache les
sacoches à mon vélo sous la pluie. Pas question d'enfiler mon poncho il s'envolerait.
J'ai choisi de suivre la voie verte pour échapper au vent, c’est un bon choix.
Quand j'arrive sur la corniche vendéenne, la mer est magnifique les vagues sont
énormes. L'écume vole.
Aujourd'hui j'ai plus souvent le vent avec moi que
contre. Un peu plus loin la piste cyclable est inondée. pas de problème j'ai l’habitude,
je fonce. Mauvaise idée. Il y a plus de 40 centimètres d'eau sur la route à
chaque tour de pédale j'enfonce mes pieds dans l'eau glacée jusqu'à la
cheville. J'aurai les pieds mouillés toute la journée.
Un grain menace. Pas de
problème c'est l'heure de manger. Je tourne pour chercher un resto, trop
longtemps, je prends la pluie. Je me réchauffe un peu au resto. "Repas
ouvrier" mais pas ouvrière il n'y a que des hommes ici servis par deux
nanas le français est macho. Les gens sont encourageants." Moi aussi je
fais du vélo mais pas de ce temps-là" " j'espère que vous avez le
vent dans le dos parce que de côté c'est dangereux" " avec la pluie
et le froid je vous le laisse". Le français est méchant sans s'en
apercevoir, c'est naturel. Je repars. Il fait beau je me réchauffe vraiment. Un
peu plus loin le chemin est encore inondé. Là je fais demi-tour. Bonne idée ça
me permets de repasser par la cote et de voir la mer déchaînée à marée basse.
Arrivée à mon mobil-home de ce soir. 66 km beaucoup moins difficiles que ce que
je ne craignais.



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